Quand les Marques innovent avec et pour le consommateur...

[InnoNapo] François Pétavy d’eYeka : « La co-création peut rendre le monde meilleur. »

[InnoNapo] François Pétavy d’eYeka : « La co-création peut rendre le monde meilleur. »

 

Si vous nous suivez sur Twitter, vous savez que j’ai eu la chance d’assister aux Assises des Médias Sociaux lundi dernier à l’Hôtel Napoléon à Paris (#InnoNapo si vous voulez revivre les tweets de la conférence, un trésor d’intelligence sociale/nouveaux médias). Sont intervenus dans l’ordre Stéphane Hugon, sociologue (je reviendrai sur sa passionnante conférence dans un autre article), François Pétavy, CEO d’eYeka, dont nous allons parler ici, et « le Pape de l’e-réputation » Brian Solis, à qui nous consacrerons également un – voire plusieurs – articles.

 

Si vous vous intéressez à la co-innovation et notamment à ceux qui ont cru en cette tendance et en ont sorti un projet aujourd’hui florissant, alors vous connaissez forcément eYeka. Il s’agit d’une communauté co-créative, au sein de laquelle chacun peu devenir publicitaire. Je m’explique : eYeka met en contact les marques et les créatifs qui se trouvent parmi le public. Normalement, ce sont les agences de pub qui font ça, mais là non, c’est vous.. VOUS ! Et c’est assez génial en fait : la marque vous dépose un brief, vous y répondez. Vous êtes en compétition avec d’autres créatifs bien entendu, et ensuite, que le meilleur gagne ! Qu’est-ce qu’on y gagne justement ? Souvent, des prix – money money money, it’s a rich man’s world ! mais aussi, de la fierté, de la reconnaissance, le plaisir d’avoir collaboré et d’avoir, quelque part, fait avancer les choses.

Pour les marques, une aubaine : non pas parce qu’elles n’ont plus besoin de payer leurs créatifs (que nos créas ne s’alarment pas) mais parce qu’elles peuvent ainsi avoir un large et souvent juste aperçu des attentes des consommateurs. Car les consommateurs savent « quelle expérience ils attendent des marques ». Ils ne sont pas là pour dire à la marque ce qu’elle doit impérativement faire, et souvent, ils ne le peuvent pas, car difficile de se rendre compte des contraintes logistiques par exemple. En revanche, ils peuvent s’exprimer et dire ce qu’ils aimeraient voir, quel type de fonctionnalités, quel type de design, ils peuvent orienter la marque vers un produit qui leur plairait davantage, et donc qu’ils auraient plus de chances d’acheter.

 

« Crowdsourcer », c’est donc interroger le désir du consommateur pour définir un produit plus durable. Comme nous le disait François Pétavy : « Co-créer, c’est consommer autrement, c’est rendre le monde plus durable parce qu’on est plus attaché à l’objet », puisqu’il correspond beaucoup plus à l’expérience qu’on en attend. En fait, la marque se retrouve avec deux niveaux de contribution stratégique : son propre département de planning stratégique, qui lui doit analyser (voire parfois collaborer) avec des consommateurs qu’on pourrait qualifier d’ « éclairés », qui arrivent à transformer en objets ou en visuels leurs attentes envers la marque.

Le concept peut sembler idéaliste… peut-il fonctionner à grande échelle ? Remet-il réellement en question la suprématie des marques ? demanderont certains (car enfin, si n’importe qui peut « créer », n’est-ce pas une véritable aubaine pour les entreprises, à qui il suffirait de lancer un concours pour orienter leur brief stratégique ?) En tout cas, eYeka est déjà implanté en Europe et aux Etats-Unis… et a l’air d’avoir de beaux jours devant lui, avec plus d’une centaine de « co-creation winners ». Et pour avoir des news d’eYeka en direct : le blog.

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